Une conversation avec Christian Patterson


Photographe américain né en 1972 à Fond du Lac, Wisconsin, Christian Patterson est à ce jour l’auteur de trois livres principaux, Sound Affects, Redheaded Peckerwood et Bottom of the Lake. Il est le lauréat du Prix du livre de l’année aux Rencontres d’Arles en 2012. Il a obtenu en 2013 une bourse Guggenheim et remporté le Grand Prix International 2015-2016 du festival Images à Vevey, Suisse.

Le succès de Redheaded Peckerwood a été fulgurant. Le livre en est aujourd’hui à sa troisième édition, fait rarissime dans le domaine du livre de photographie contemporain. Les raisons en sont sans doute multiples. Une pratique photographique très personnelle immédiatement reconnaissable mêlant prise de vue in situ et en studio couplée à un travail sur les archives. Mais aussi un art du storytelling et de la conception de l’objet livre virtuose. Conversation Skype Paris-Brooklyn à l’occasion de la parution de Bottom of the Lake. Sorti en septembre, le livre est déjà annoncé sold out.

En 2008, tu as publié ton premier livre Sound Affects. Les photos ont été prises à Memphis, Tennessee, et le sujet en est la musique. Souvent des photographes me disent qu’éditer, séquencer est comparable à écrire de la musique. Es-tu d’accord avec ça ?

La musique a été mon premier centre d’intérêt. C’est un thème ou un concept que j’ai traité dans Sound Affects : la musicalité que peut contenir une image unique, sa lumière, sa couleur sont comparables à la musique ou au son. Ils peuvent chacun être doux ou bruyants, emplir une pièce, un espace ou au contraire s’évanouir. Tu peux donc penser en termes d’arrangement, de composition. Et au-delà, oui, comme tu le sais, l’editing et le sequencing d’un livre sont une forme artistique en soi dans laquelle il peut et il devrait y avoir une musicalité, un rythme. Je pense que c’est le terme le plus approprié. Tu peux circuler à l’intérieur de ce morceau si tu veux. Il comporte des montées et des descentes : certaines images peuvent être plus calmes, plus bruyantes ou plus fortes que d’autres. Ce n’est pas forcément le cas pour Sound Affects, mais dans d’autres de mes travaux, comme Redheaded Peckerwood ou maintenant Bottom of the Lake, il y a certains types d’images — ou même des variations sur la même image – que j’utilise de manière très rythmique. Elles servent à ponctuer les séquences pour créer les sections ou les mouvements de l’œuvre de manière plus claire. Donc oui, la musique est très importante pour moi. J’en ai toujours en tête. Et assurément, elle se prête très bien à une analogie avec la photographie.

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Cet entretien a été repris dans mon livre Conversations 2 où vous le trouverez dans son intégralité.

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